Rendez-vous "Antoine de la Garanderie" Gestion Mentale et émotions

Le CRGM dispose d’un ensemble de vidéos, entretiens audio enregistrés lors de conférences, de rencontres avec Antoine de la Garanderie.

Ces enregistrements ont été effectués avec l’accord de leur auteur pour un usage professionnel privé avec comme condition de ne pas être dupliqués ni commercialisés.

Aujourd'hui, devant l'absence d'Antoine de la Garanderie, il nous semble que partager avec vous ces enregistrements est l'occasion pour ceux qui l'ont pas ou peu connu d'approcher la personnalité de ce grand pédagogue et d'aborder des thèmes qui ne sont pas directement liés au domaine scolaire.

 

En quoi la gestion mentale peut-elle aider la gestion des émotions ? (1996 - Louveciennes)

 

Pendant une heure et demie Antoine de la Garanderie s’adresse au public. Dans la dernière demi-heure, il  mène un dialogue pédagogique, nous montrant concrètement comment on peut aider une personne à gérer harmonieusement ses émotions.

Cette conférence porte sur les émotions et leur relation avec la conscience comme étant susceptible de les gérer. Il s’agit de rechercher si l’émotion ressentie bien souvent comme une force dévastatrice résultant de deux émotions primaires, la peur et la colère, peut selon les sujets, selon les situations, trouver dans les ressources de l’être humain des moyens par lesquels il va pouvoir les assumer et lui donner un sens.

Antoine de la Garanderie nous montre que l’émotion est bien souvent liée à notre incapacité à nous adapter. Et ce qui caractérise l’émotion, c’est qu’elle met le mouvement en dehors de nous (le « e » de motion) et que nous n’en sommes pas maîtres. Il faut donc arriver à se maintenir en maîtrise de soi si nous voulons ne pas être victimes de nos émotions. Et être en maîtrise de soi, c’est être en expression de soi-même. Il apparaît dès lors que la réponse donnée par la gestion mentale à la gestion de nos émotions est d’être en projet de réalisation. Antoine de la Garanderie nous explique que nous n’avons pas une saine pédagogie par rapport à l’émotion parce que nous ne pensons pas qu’elle peut être gérée par le projet. Il faut se servir de l’émotion. Il faut donner à son émotion le sens de pouvoir d’intuition. L’émotion va nous donner un coefficient d’énergie pour nous en servir dans une finalité et non pour nous enfermer en elle.

Antoine de la Garanderie nous montre que le problème de la finalité ne sera pas le même pour les sujets pour qui l’émotion va plus s’enfermer à l’intérieur d’eux-mêmes (émotion liée à la peur) et ceux pour qui l’émotion se traduit par une précipitation dans l’action (émotion liée à la colère). Les premiers mettent tout dans le modèle et s’y enferment (blocage sur eux-mêmes). Ils ne se donnent pas de voie d’aboutissement. Les seconds mettent toute leur émotion dans l’action elle-même, la font passer sans modèle et ils échouent. Dans les deux cas, il y a une mauvaise gestion mentale de l’émotion : émotion ou paralysant le mouvement, ou précipitant le mouvement.

La question posée alors par Antoine de la Garanderie est la suivante : « Est-ce qu’il y a quelque chose sur le plan de la psychologie de l’individu qui peut nous permettre de comprendre pourquoi il y a cette différence entre les sujets qui se précipitent et les sujets qui se bloquent ? Y a-t-il une raison à cela ? ». Pour répondre à cette question ceci l’amène à nous parler des sujets qui sont en 1ère pers et de ceux qui sont en 3ème pers. La bonne gestion de l’émotivité nécessite un rééquilibrage par la prise en compte de la 3ème pers pour ceux qui sont en 1ère pers et inversement. A ce niveau là, Antoine de la Garanderie nous montre que l’émotivité revêt un caractère ontologique qui concerne l’être humain de la personne.

Il aborde ainsi dans la dernière partie de la conférence ce qu’il qualifie d’émotions profondes, celles qui viennent du MOI de la personne. Les finalités qui sont alors étudiées par Antoine de la Garanderie sont des finalités inter-personnelles. Ne pouvant nous passer les uns des autres, certains ont besoin d’affirmer leur identité individuelle par rapport à autrui pour être capables de reconnaître les autres : ce sont les sujets en 1ère pers. Pour d’autres, besoin de reconnaître l’autre pour pouvoir se reconnaître : ce sont les sujets en 3ème pers. Des émotions  très profondes naissent si les premiers ne sont pas reconnus dans leur identité et pour les seconds si on ne les reconnaît pas comme reconnaissant les autres. Des manifestations de repli ou de très grande violence peuvent alors s’observer.

Antoine de la Garanderie étudie les raisons ontologiques qui expliquent ces deux besoins fondamentaux de l’être humain dans la relation qu’il vit avec autrui. Il nous explique que le sujet en 1ère pers., s’il a tant besoin d’affirmer son moi, c’est qu’il n’en est pas sûr. Il a besoin de confronter son moi à autrui pour penser que ce moi a une certaine identité. Il a un sentiment très fort du moi d’autrui et ce moi lui fait peur. Le sujet en 3ème pers., en revanche, recherche son moi à partir d’autrui. Il a un très fort sentiment de l’identité de son moi. Il n’en doute pas mais c’est son moi qui lui fait peur. Il a besoin d’autrui pour oser être.

Il conclut en disant que l’émotivité n’est pas un problème de maîtrise personnelle mais un problème de maîtrise relationnelle, relation avec le monde extérieur au niveau cognitif et relationnel.

Dans la dernière demi-heure, Antoine de la Garanderie mène un dialogue pédagogique. La forme et le fonds sont riches d’enseignement.

 

Les Rendez-vous Antoine de la Garanderie sont gratuits et ouverts à tous.

Date samedi 28 janvier 2012, de 14h à 17h.

Lieu : Louveciennes.

Pour vous inscrire, utilisez la rubrique contact en précisant le titre du Rendez-vous et la date choisie.

 

Le Centre de Recherche en Gestion Mentale est une association loi 1901 dont le but est de promouvoir les travaux d’Antoine de la Garanderie et de prolonger ses recherches.