Hommage

Hommage à Antoine de la Garanderie

En nous quittant le 27 juin 2010, Antoine de la Garanderie, ce grand philosophe réaliste qui confrontait la réalité à la théorie, a dû pour cette dernière dimension de l’homme -la spiritualité- confronter la théorie à la réalité.

Dans son livre sur « le sens de la Création, le rôle de Dieu » il imaginait Dieu s’adressant à lui ainsi : « Tu sais que tu as atteint un âge où l’avenir temporel est derrière toi mais où celui qui est éternel peut se prolonger pour que tu le vives dans l’immortalité ».

Antoine posait ainsi l’hypothèse d’un infini d’immortalité, mais c’est sa foi qui lui faisait poser cette hypothèse, et non pas la réalité, car personne ne peut approcher de son vivant cette réalité.

Sans doute a-t-il aujourd’hui la réponse…mais comme il ne peut nous la transmettre, nous ne pouvons qu’espérer qu’après « les infinis du temps, de l’espace et du mouvement », Antoine s’élance vers un infini d’immortalité.

En écrivant cet hommage, je sens en moi un conflit entre mon cœur et ma raison. Mon cœur a envie de dire combien j’admirais cet homme, combien j’étais sensible à sa gentillesse, à son humanisme, combien nous nous comprenions par les mots et au-delà des mots, combien chacune de nos rencontres illuminait ma vie, combien il me manque aujourd’hui …

Mais la raison me rappelle à l’ordre et me dit que le cœur est du domaine du privé et que ce qui importe c’est de parler de son œuvre, de ses travaux, de tout ce qu’il a découvert, de tout ce qu’il a fait …

La prolongation de son œuvre est l’un des objectifs de notre centre. Non pas pour défendre un héritage qui serait menacé, mais pour nous appuyer sur ses travaux et poursuivre nos recherches dans le même esprit. Lui rendre hommage c’est donc continuer à faire vivre ce centre comme il nous y invite.

Notre Président d’honneur ne travaillera plus directement avec nous mais il sera toujours là au centre de nos recherches. Son « souffle vital » nous portera toujours car il nous a légué en héritage une œuvre considérable dont il dit lui-même qu’elle n’est pas achevée…

Nous ferons tout pour nous montrer dignes de la confiance qu’il nous avait accordée.

 

Catherine MAILLARD,

Présidente du Centre de Recherche en Gestion Mentale

le 29 juin 2010.