Comprendre nos enfants dans leurs différences pour une éducation réussie

Conférence pédagogique à l'usage des parents présentée à Louveciennes le 6 juin 2012 par Catherine Maillard

 

  • Parcours
  • Antoine de la Garanderie et la Gestion Mentale
  • Le jeu de l'équilibre familial
  • Qu'est-ce qu'un éducation réussie pour vous ?
  • Parents quel profil ?
  • Prendre l'enfant avant les actes
  • Et si
  • L'éducation : un rapport à la liberté
  • Nécessité d'une pédagogie éducative des actes de connaissance qui précède toute acquisition du savoir
  • Les habitudes éducatives et la notion de profil
  • Au-delà des habitudes évocatives, des profils de comportement à repérer
  • Conflit entre profil
  • Harmonie entre les profils : comment s'adapter à l'enfant ?
  • Le simple, c'est le simplifié

 

PARCOURS

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je vais vous retracer brièvement le parcours qui m’a conduite à  proposer le thème sur lequel je dois intervenir : « comprendre nos enfants dans leurs différences pour une éducation réussie ».

Cette conférence puise ses racines dans mon parcours professionnel lié à ma qualité de psychologue et dans mon parcours personnel lié à ma qualité de parent.

Mon parcours professionnel commença par la recherche et l’enseignement universitaire dans la branche de la psychologie qui étudie les mécanismes humains dans leur normalité, d’où le titre de Docteur en psychologie.

Puis le parcours personnel prit le relais avec la naissance de trois enfants. A cette époque, en tant que jeune maman,  je lisais des livres de vulgarisation en pédagogie  pour essayer de ne pas faire trop d’erreurs. Je cherchais des conseils pratiques directement applicables. Je faisais confiance à ceux dont c’était le métier. Je suivais les modes au fur à mesure des naissances et pour chaque enfant j’ai eu un livre de référence. C’est ainsi que ma première fille est un bébé élevé avec les conseils du Docteur Spock (du style, s’il pleure, prenez le dans vos bras); ma deuxième fille avec les conseils de Laurence Pernoud (ne le prenez pas systématiquement dans les bras, s’il pleure c’est qu’il a besoin de se décharger et vous allez en faire un capricieux) et mon garçon, un bébé élevé avec les conseils de Dodson ( valorisez le positif, même si sa chambre est au trois quart dérangée, mentionnez le quart).

Et puis il y eut, dans l’école de mes enfants, cette rencontre avec une inspectrice stagiaire qui préparait un mémoire sur Antoine de La Garanderie. Il paraît que les hasards heureux n’arrivent qu’aux esprits préparés. J’avais enfin trouvé ce que je cherchais sans le savoir. Une pédagogie qui me renvoyait à ma responsabilité, à ma liberté de parent mais en me donnant une grille de lecture, un éclairage pour comprendre comment fonctionnaient mes enfants, mon mari et moi-même et comment nous pouvions au sein d’une même famille nous adapter l’un à l’autre en tenant compte de nos différences.

La suite nous renvoie dans le parcours professionnel. Je suivis tout un cursus me permettant d’obtenir ce que l’on appelle un label de praticien et formateur en gestion mentale. Et c’est à ce titre que j’interviens auprès de vous ce soir pour essayer de vous sensibiliser à cette pédagogie qui ne livre aucune recette, aucun truc mais qui nous permet de comprendre qu’un enfant ne contracte pas, comme un animal, les habitudes de sa vie quotidienne par un conditionnement de type dressage mais qu’il produit et vit du sens et qu’il s’agit avant tout d’identifier la situation dans laquelle il trouve son bonheur d’être et son plaisir d’apprendre.

ANTOINE DE LA GARANDERIE ET LA GESTION MENTALE

Je voudrais rendre hommage à Antoine de la Garanderie que vous apercevez sur cette diapositive et auquel on doit la découverte et la mise en œuvre de cette pédagogie différenciée portant le titre de « gestion mentale »  dont je vais vous parler ce soir.

(1920-2010)

Les dates mentionnant le cours de sa vie (1920 – 2010) vous font comprendre pourquoi c’est avec une grande nostalgie que j’évoque ce soir son nom à Louveciennes. Il nous avait fait l’honneur de venir par deux fois ici et certaines personnes parmi vous ont sans doute eu le plaisir de l’écouter au cours de deux conférences : « En quoi la gestion mentale peut-elle aider la gestion des émotions ? » (1996) et « Éveil de l’enfant, réveil de l’adulte . » (2001)

« Eveil de l’enfant, réveil de l’adulte », c’est un peu la conférence de ce soir sauf que, depuis 2001, les recherches en Gestion mentale ont progressé. Cela veut dire que cette conférence reste conforme à ce qui était dit par Antoine de la Garanderie en 2001 mais tient compte des  dernières avancées de cette pédagogie en matière de recherche. Nous avons en effet, à cet effet, créé en mars 2010 un centre de recherche en Gestion mentale dont le siège social est à Louveciennes.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas Antoine de la Garanderie, disons que c’était un pédagogue, un philosophe, un chercheur, un auteur. Il s’est battu pendant trente ans pour donner aux enfants toutes les chances de réussir en leur donnant les moyens de leur intelligence.

Comment donner à un enfant les moyens de son intelligence ? En lui expliquant comment faire les « gestes mentaux » de cette fameuse intelligence. Gestion mentale est un terme qui renvoie à « gestes mentaux ». Un geste est un mouvement structuré que l’on peut décrire. Ces gestes mentaux sont : l’attention, la mémorisation, la compréhension, la réflexion, l’imagination créatrice.

La démarche d’Antoine de la Garanderie est résumée dans cette phrase dont il est l’auteur : «  J’ai consacré toute ma vie à étudier non pas les causes de l’échec mais les conditions de la réussite ».

C’est une particularité de la Gestion mentale. En effet quand vous allez voir un praticien en Gestion mentale, la première chose qu’il vous demande, ce n’est pas d’exprimer le problème qui est le votre et qui vous fait consulter mais de parler d’un domaine de réussite qui vous motive et dans lequel vous n’avez pas le sentiment de connaître l’échec.

L’idée c’est que lorsque l’on réussit, on fait quelque chose à l’intérieur de soi, un geste mental qui explique cette réussite. La gestion mentale, c’est l’étude des gestes mentaux de la réussite. On ne nait pas avec une bonne ou une mauvaise mémoire mais on fait un bon ou un mauvais acte de mémorisation. On ne nait pas en étant doué en mathématiques ou en Français. On fait les bons gestes mentaux qui vont nous permettre de nous adapter à toutes les matières. Il y a des manières différentes d’aborder ces différentes matières en fonction de notre profil. Et c’est là que la gestion mentale devient une pédagogie différenciée qui part du constat qu’il n’y a pas qu’une manière d’être intelligent, qu’il n’y a pas qu’un chemin, qu’un itinéraire mental qui conduit à la réussite, pas qu’une manière de comprendre, pas qu’une manière de mettre le monde dans sa tête.

La gestion mentale n’utilise aucun test. Elle ne quantifie pas l’intelligence. Elle en fait émerger toutes les potentialités, toutes les richesses sans en présumer d’avance ce que doivent être ses composantes.

En demandant à la personne dans quel domaine elle réussit et en lui faisant expliciter comment elle s’y prend, par un dialogue pédagogique bien mené, le praticien va pouvoir faire émerger de la conscience de la personne un fonctionnement mental. Et la personne va comprendre que, dans les domaines où elle ne réussit pas, soit elle ne met pas en marche le même fonctionnement mental, soit son fonctionnement mental n’est pas en lien direct avec la tâche proposée et qu’il va falloir qu’elle s’ajoute des habitudes mentales auxquelles elle n’avait pas pensé naturellement.

Ce qui intéressait Antoine de la Garanderie dans son étude des gestes mentaux de la réussite, c’était de vaincre l’échec et en particulier l’échec scolaire car c’était un enseignant. Il trouvait profondément injuste qu’il y ait des enfants qui ne réussissent pas alors qu’ils avaient plein de ressources en eux, plein de capacités mais qu’ils en ignoraient la présence et le sens et qu’on ne leur avait jamais expliqué ce que voulaient dire être attentif, mémoriser, comprendre, réfléchir, imaginer.

Voilà en quoi consiste la gestion mentale. Il est plus approprié de parler d’une pédagogie des actes de connaissance. Gestion mentale est un mauvais terme qui fait peur car il suscite dans notre cerveau des associations non appropriées renvoyant à l’idée de maladie mentale, évoquant l’idée d’une secte par des liens qui unissent mental à spiritisme. Ça nous fait sourire ce soir car vous avez compris qu’il s’agit bien de pédagogie mais malheureusement ce terme « gestion mentale » a sans doute contribué à mettre un frein à l’essor de cette science cognitive pourtant si prometteuse.

Aujourd’hui, le terme est de moins en moins employé mais les travaux d’Antoine de la Garanderie connus dès l’origine sous ce nom risquent de tomber à leur tour dans les oubliettes.

C’est la raison pour laquelle je suis heureuse de contribuer à la diffusion de cette pédagogie différenciée qui doit pouvoir nous servir de grille de lecture pour mieux comprendre le comportement de chacun de nos enfants et faciliter leur épanouissement.

LE JEU DE L’EQUILIBRE FAMILIAL

Vous êtes parents et disons le d’emblée : il n’y a aucune raison que pour qu’au sein d’une même famille vos enfants se ressemblent tous. Il y a un équilibre familial qui communément se rencontre dans une famille.

Selon les études d’un neuro-pédiatre canadien (Docteur Raymond Lafontaine), on choisit d'instinct un conjoint ou une conjointe  ayant un profil opposé au nôtre. Ce choix est dicté par la complémentarité. On peut avoir des valeurs communes, des goûts communs mais pas le même fonctionnement mental donc pas la même manière d’accéder au monde, au savoir et aux choses. Le premier enfant prend modèle sur un de ses deux parents. Il y a dès lors des liens qui se tissent plus volontiers entre tel ou tel parent et tel ou tel enfant. On analyse souvent mal la situation pensant que ce qui est en jeu c’est l’affectif alors que tout simplement il s’agit d’habitudes mentales qui vont dans le même sens. Des conflits naissent avec l’autre parent qui ne trouve pas naturellement la forme appropriée pour se faire comprendre et comprendre son enfant.

Quant au second enfant, il cherche à se différencier et il y a fort à parier qu’il ne fonctionnera pas comme son aîné. Le jeu se joue dès lors entre frères et sœurs et le troisième enfant se rapprochera plutôt du premier ou du second enfant et le quatrième rétablira l’équilibre. Subtil jeu familial qui va trouver toute sa raison d’être dans le modèle que je vais vous présenter sur la différenciation des profils et leur harmonisation.

QU’EST CE QU’UNE EDUCATION REUSSIE POUR VOUS ?

Collecte des mots clefs donnés par les parents : Equilibre - Assurance - Discernement-  Epanouissement - Respect – Confiance – Accomplissement – Liberté – Autonomie – Heureux – Amour.

PARENTS QUELS PROFILS ?

Le profil rend compte des structures mentales de projet de sens qui habitent un sujet, et de l’itinéraire mental qu’il se donne pour penser.

Vos projets de sens en écoutant cette conférence peuvent prendre plusieurs formes. Je vous en propose 4 qui s’organisent autour de deux dimensions bipolaires : réalité –théorie / application- explication, chacune impliquant une tension et une opposition entre ces deux pôles : le pôle réalité (immersion dans l’expérience) versus le pôle théorie (conceptualisation abstraite), le pôle application (expérimentation active) versus le pôle explication (réflexion sur l’expérience). Le profil est la résultante de ce choix privilégié de l’un des deux pôles pour chacune des deux dimensions. Les 4 pôles pris deux à deux peuvent définir 4 profils ou styles d’apprentissage.

Nous pouvons donc faire l’hypothèse que dans cette salle, ce soir, il y a 4 profils différents de parents:

  1. Ceux qui pensent que l’éducation se fait au feeling. C’est la réalité en lien avec l’application qui leur dicte leurs conduites éducatives. Ils n’ont d’autres modèles qu’eux-mêmes. Ils pensent que leur statut de parent suffit pour que les moyens éducatifs inhérents à cette fonction se mettent en marche. Gageons qu’il n’y a pas trop de parents correspondant à cette approche exclusivement empirique ici ce soir.
  2. Ceux qui pensent que l’éducation a besoin d’être éclairée par des experts, par ceux dont c’est le métier et qui ont réfléchi sur le sujet…C’est la théorie en lien avec l’explication qui leur dicte leur conduite éducative. Ils ne pensent pas que le fait d’être parent leur confère implicitement les moyens associés à cette fonction. Et ils vont puiser dans une culture éducative de quoi exercer leur mission. Leur modèle c’est le modèle des autres. Les parents ici présents ce soir vont écouter avec grand intérêt cette conférence afin d’en comprendre « intellectuellement » le sens.
  3. Ceux qui s’appuient sur leur expérience vécue mais qui pensent utile de confronter leur réalité à ce qui leur est proposé ce soir. C’est l’explication en lien avec la réalité qui guide leur projet de sens en écoutant cette conférence. Ils cherchent à analyser leur vécu à la lueur de ce qu’ils vont entendre.
  4. Ceux qui s’appuient sur les modèles des autres mais qui pensent utile de confronter ce qui leur est proposé ce soir à leur réalité. C’est l’application en lien avec la théorie qui leur confère le sens de cette conférence. Leur projet en écoutant cette conférence : s’imaginer entrain de vivre concrètement ce qui leur est proposé ce soir.

Ceci nous donne quatre manières différentes de comprendre, quatre manières d’opérer :

1 : application de la réalité : pratiquer

2 : Explication de la théorie : conceptualiser

3 : Explication de la réalité : analyser

4 : Application de la théorie : expérimenter

Sans doute beaucoup d’entre vous se seront reconnus dans l’un de ces 4 profils de compréhension que je viens de décrire : profil purement applicatif (application de la réalité), profil purement explicatif (explication de la théorie), profil explicatif qui s’appuie sur la réalité (explication de la réalité), profil applicatif qui s’appuie sur la théorie (application de la théorie).

Ceci ne veut pas dire que chacun des groupes ne passera pas par les autres étapes, bien au contraire, la clef de la réussite est à ce prix mais il s’agit de repérer le projet de sens qui est le notre (le moteur, le déclencheur) pour écouter cette conférence et en tirer un maximum de bénéfice. Le projet n’est pas lié à la conférence mais à la stratégie mentale que chacun met en marche pour comprendre cette conférence.

Mais le passage d’un profil à un autre ne se fait pas au hasard. Il ya une chronologie mentale à connaître si nous voulons que des tensions et des oppositions ne viennent faire obstacle à notre réussite.

Si l’on part du profil application de la réalité, il apparait que le profil explicatif qui s’appuie sur la réalité (explication de la réalité) suivra automatiquement ce premier profil. Le profil applicatif qui s’appuie sur la théorie (application de la théorie) suivra pour sa part automatiquement le profil purement explicatif (explication de la théorie). Pour mieux en appréhender le sens, et comprendre comment se positionnent les profils purement applicatif et explicatif, je vous propose le schéma suivant auquel j’ai donné le nom de « mouvement perpétuel de la pensée » et qui peut nous servir de modèle théorique pour comprendre les liens qui unissent les profils entre eux et nous guider dans notre manière de faire et d’être pour rejoindre ceux de nos enfants qui ne fonctionnent pas comme nous.

En gestion mentale, intervient la notion de  1ère et 3ème pers, terminologie différente mais dont le sens reste en accord avec ce que nous avons décrit dans la présentation des quatre profils, deux étant en lien avec la réalité, l’expérience concrète (1ère pers.) et deux autres avec la théorie, les modèles (3ème pers.). Ceci nous donne la roue suivante :

Mais comment faire, me direz-vous pour repérer les projets de sens de nos enfants afin de s’y adapter ?

PRENDRE LES ENFANTS AVANT LES ACTES

Avec une seule idée en tête : Quel est le projet de sens qui les habite ? A quoi sont-ils sensibles ? Comment accèdent-ils au sens ? Quelle est la forme évocative qui est la leur ? Quelle perception préfèrent –t-ils ? Comment s’y prennent-t-ils pour apprendre à marcher, à parler ? Quels sont leurs facteurs de motivation ? (les fins ou les moyens ?) Quels sont leurs besoins de reconnaissance ? (se reconnaître, se faire reconnaître, reconnaitre autrui, être reconnu par autrui)…

Autant de questions que nous devons nous poser si nous voulons  pratiquer une pédagogie différenciée et ne pas céder à la tentation d’imposer nos propres projets de sens ou de s’en remettre à des recettes éducatives universelles toutes faites.

Beaucoup de parents, désireux d’aider leurs enfants au niveau scolaire procèdent de cette manière. Ils disent à l’enfant : « Tu apprends ta leçon et quand tu la sauras, tu viens me voir ». En faisant cela on prend l’enfant après les actes. On est simplement juge, on vérifie que l’enfant sait sa leçon ou ne la sait pas. Mais ceci ne nous renseigne pas sur le projet de sens qui est le sien en apprenant sa leçon et cela ne nous permet pas de l’aider efficacement.

Pour prendre l’enfant avant les actes nous aurions du dire « tu as une leçon de mathématiques à apprendre, dis moi comment tu vas t’y prendre ».

Cette démarche permet à l’enfant d’expliciter ses projets de sens, de découvrir l’itinéraire mental qui est le sien pour parvenir à apprendre cette leçon. Et vous le laisserez se heurter à ses limites pour qu’il réalise par lui même qu’il s’est trompé de chemin et que d’autres chemins s’ouvrent à lui pour le conduire vers la réussite.

La plus grande qualité d’un pédagogue, c’est « laisser l’autre être lui-même ». En éducation, ce n’est pas une qualité que l’on a naturellement en soi. Il faut l’acquérir. La gestion mentale est un des moyens pour y parvenir.

Quand nous prenons l’enfant après les actes, nous regardons le résultat et nous cherchons à inférer le mental à partir du résultat : Cet enfant qui n’arrive pas à faire ce qu’on lui demande, c’est qu’il n’écoute rien, ne voit rien, qu’il n’est pas motivé, qu’il est instable, qu’il manque de méthode…C’est une vraie tête de linotte, il est impulsif… Je pense qu’à nous tous, nous pourrions inventer une très longue liste… (Annexe 1 : petit dictionnaire de gestion mentale)

ET SI

Et si son incapacité à être attentif, à mémoriser, à comprendre, à réfléchir, à imaginer était due au fait qu’il ne sait pas comment faire pour accéder au sens ?

Et si la forme que nous lui proposons au niveau perceptif n’était pas directement en lien, en harmonie de sens avec ses habitudes mentales évocatives ?

J’imagine le parent qui réfute mes hypothèses : « ce que vous dites n’a pas de sens » avec son frère ou sa sœur, il n’y aucun problème donc vous voyez bien que ça vient de lui car moi je parle pareil à tous mes enfants, j’aime de la même manière tous mes enfants, je participe de la même manière à leur éveil…

ET SI c’était ça le problème, si ce qui marche avec un de nos enfants parce que nous avons les mêmes habitudes mentales peut échouer avec l’autre parce qu’il a des habitudes mentales différentes.

Des complicités entre parents et enfants qui se tissent naturellement, trouvent ici leur explication dans des similitudes évocatives qui les rapprochent et inversement.

Antoine de la Garanderie a observé que dans les familles où les enfants sont tous motivés et désireux d’apprendre, ce sont des familles où naturellement les parents ont compris le rôle différent qu’ils avaient à jouer envers leurs enfants en matière de communication. Les complicités naturelles sont mises explicitement au service de l’épanouissement des enfants. « Explique lui, toi qui le connais si bien » dira à son mari cette maman qui n’arrive pas à faire passer son message éducatif en raison d’une divergence de profil. L’émotionnel est sauvé et l’harmonie familiale s’installe.

L’EDUCATION : UN RAPPORT A LA LIBERTE

« L’éducation n’est pas un dressage mais un rapport à la liberté »
Antoine de la Garanderie

 

De quelle liberté parle Antoine de la Garanderie ?

Il s’agit d’une liberté qui trouve son expression en nous et non pas à l’extérieur de nous. Pour illustrer cela, écoutons cette jolie chanson d’Yves Duteil intitulé « l’enfant poète ». (Annexe 2)

Tous vos mots clefs, collectés tout à l’heure, vont dans ce sens : Liberté, autonomie, respect, discernement, épanouissement, accomplissement, confiance, heureux, équilibre, assurance, amour.

J’ai envie de vous dire « bravo » mais si nous avions le temps je vous poserai maintenant une autre question « comment faites vous pour réussir à faire en sorte que vos enfants soient libres, autonomes, respectueux, aient du discernement, soient épanouis, s’accomplissent, aient confiance, soient heureux, soient équilibrés, aient de l’assurance, aiment ?

Toutes ces valeurs que vous avez mentionnées expriment le résultat d’une éducation réussie mais ne mentionnent pas ce qu’il faut faire pour y parvenir. Comment fait-on pour obtenir tous ces beaux mots clefs ?

Et c’est là qu’intervient la pédagogie de la gestion mentale.

 

NECESSITE D’UNE PEDAGOGIE EDUCATIVE DES ACTES DE CONNAISSANCE QUI PRECEDE TOUTE ACQUISITION DU SAVOIR.

Il faut ici souligner la différence entre le savoir et la connaissance : le savoir est un acquis, la connaissance est une production. Le savoir est un capital, la connaissance est dans sa qualité de production une expression personnelle. Le savoir est un avoir. La connaissance est de l’être.

L’enfant est un être naturellement et spontanément ouvert à la connaissance et la connaissance est pour lui le moyen fondamental de son épanouissement personnel. Le bonheur de l’être humain passe obligatoirement par la reconnaissance et le développement de ses capacités de connaissance.

La pédagogie des actes de connaissance doit précèder celle du savoir. Et nous, parents, nous avons à en favoriser l’éveil.

Aider l’enfant à prendre conscience de ses actes de connaissance, lui montrer comment il doit faire pour connaître est à la base même de notre éducation. Il faut l’éveiller au sens qu’il donne aux êtres et aux choses. Il faut l’instruire d’un acte qu’on lui demande d’effectuer.

Sans notre intervention éducative au niveau des actes de connaissance, nous ne sommes pas assurés de réussir notre éducation.

« Je soutiens que la formation de l’intelligence, de l’attention, de la réflexion, de ce que l’on appelle les facultés cognitives relève de l’exigence éducative de la famille et ce dès le plus jeune âge. » (Antoine de la Garanderie)

Nous avons déjà cité les 5 gestes mentaux étudiés par Antoine de la Garanderie : attention, mémorisation, compréhension, réflexion, imagination créatrice. Ne pouvant pas tous les étudier ce soir, nous allons nous centrer particulièrement sur celui de l’attention car il est à la base de tous les autres gestes.

« Fais attention », « Concentre toi» : qu’elle soit dite avec calme, gentillesse ou colère, cette phrase ne peut rien apporter de positif. L’enfant sera mobilisé par sa volonté d’être attentif et non par l’objet de son attention.

Pour que votre enfant soit attentif, il faut qu’il comprenne la différence entre la perception et l’évocation. Il ne suffit pas de voir, d’entendre, de toucher, de gouter, de sentir pour qu’automatiquement cela s’inscrive de façon consciente dans notre conscience. (ex : pièce de 1 € français, objet que nous manipulons presque quotidiennement, mais combien de personnes sont capables de la décrire de mémoire ?)

Pour nous ouvrir au sens,  nous avons un geste à faire et ce geste est celui de l’attention. Le geste d’attention est celui qui transforme le perçu en évoqués et qui va permettre que les autres gestes se réalisent.

C’est ce geste qui nous permet de passer d’un codage perceptif à un codage cortical afin de mettre le vu, l’entendu, le touché, le senti, le gouté dans notre tête sous forme d’évocations.

C’est ce geste que nous devons permettre à nos enfants d’acquérir si nous voulons qu’ils puissent mettre nos consignes éducatives dans leur tête, acquérir les valeurs que nous désirons leur transmettre.

On demande aux enfants d’être attentifs mais on ne les éclaire pas sur la manière de réaliser cet acte. Ce vide, la gestion mentale essaye de le combler en donnant à chacun l’intelligence de ses moyens et en expliquant comment faire pour être attentif en vue de mémoriser, comprendre, réfléchir, imaginer et pouvoir opérer un codage de transfert (utilisation de l’information).

LES HABITUDES EVOCATIVES ET LA NOTION DE PROFIL

Les évocations étudiées par Antoine de la Garanderie sont des évocations dirigées de l’intérieur grâce au projet et qui viennent faire obstacle aux évocations naturelles dites vagabondes ou spontanées.

Les évocations vagabondes sont liées à un état de fatigue qui déclenche dans les zones sous corticales de notre cerveau des images qui ne sont pas directement reliées à ce qui nous est donné en perception. Les évocations spontanées sont mentales mais relèvent de la mémoire naturelle associative.

Toute la stratégie mentale dictée par la pédagogie des actes de connaissance est de savoir repérer ces diverses formes d’évocations afin de remplacer les évocations vagabondes et spontanées par des évocations contrôlées, dirigées de l’intérieur  sans qu’une intervention extérieure ne vienne nous y forcer.

Les évocations dirigées de l’extérieur correspondent à une forme de semi-liberté et ne procurent pas des plaisirs d’actes mais des plaisirs d’état. Les plaisirs d’état, ce sont les gratifications, les récompenses, les notes…, les plaisirs d’acte dépendent de l’acte lui-même et participent à l’épanouissement, à l’accomplissement, au bonheur d’être de l’enfant.

L’intérêt de connaître ces différentes formes d’évocations, c’est de pouvoir en donner l’explication à l’enfant qui, rappelons le, est un être de sens et non pas un animal que l’on conditionne à coups d’ordres formels.

Valoriser une évocation vagabonde comme preuve que le cerveau de l’enfant fonctionne bien (l’attention décroit au bout d’un certain temps et génère naturellement ce genre d’évocations) c’est partir de ce que ressent l’enfant, de ce qu’il vit au moment de cette évocation , pour lui permettre de la transcender en la remplaçant par une évocation contrôlée. On renvoie l’enfant à son intériorité, à sa liberté, on le prend là où il est et on lui montre le chemin à parcourir pour s’adapter à la situation qui lui est donnée de vivre. Nous sommes bien loin des phrases « arrête de rêvasser ! », « concentre-toi ! », « fais des efforts ! »…

Les évocations dirigées de l’intérieur nécessaires à la mise en œuvre du geste d’attention  obéissent à des lois mentales qui trouvent une explication au niveau neurologique en lien avec la notion d’hémisphéricité.

L’hémisphéricité désigne la spécificité fonctionnelle d’un hémisphère. L’hémisphère gauche est lié au temps et traite prioritairement les mots, les chiffres, les symboles et tout ce qui est rationnel et abstrait,  tandis que l’hémisphère droit est lié à l’espace et traite prioritairement les images et tout ce qui est intuitif et concret (annexe 3 : l’Hémisphéricité).

Chacun présente dès les premiers mois de la vie un profil neurosensoriel distinct où l’on peut reconnaître la primauté d’une modalité perceptivo-cognitive en lien avec ces deux lieux de sens : le temps et l’espace.

Il y a une propension naturelle à faire revivre dans la conscience le perçu auditif pour les uns, le perçu visuel pour les autres. Accord spontané, harmonie naturelle entre le monde extérieur des sons et telle conscience ou la lumière et les formes pour telle autre conscience.

Certains enfants ont l’intelligence des situations par les paroles qu’ils se disent, d’autres par les images visuelles qu’ils s’en font. Certains enfants partent de l’image visuelle pour atteindre le mot et d’autres font le chemin inverse.

Pour l’enfant à profil auditif (A) ce sont les paroles, les voix, les bruits qui déclencheront spontanément l’activité de sa conscience.

Pour l’enfant à profil visuel (V), ce sont les images, les formes, les couleurs, tout ce qui est vu qui déclencheront spontanément l’activité de sa conscience.

Pour les enfants à profil kinesthésique (K) qui ont besoin de sentir, toucher, articuler, dessiner, de faire des gestes, ce sont à la fois les paroles et  les  images. Le kinesthésique auditif (KA) donne sens de mots aux images et le kinesthésique visuel donne sens d’images aux mots (KV).

Si nous reprenons le « mouvement perpétuel de la pensée » avec sa forme cyclique, nous aurons le schéma suivant :

Cela ne veut pas dire qu’un enfant auditif (hémisphère gauche) ne peut pas mettre des schémas, des cartes de géographie, des images, des figures géométriques dans sa tête, mais cela veut dire qu’il est nécessaire de lui parler toutes ces perceptions visuelles si on veut qu’il les évoque et qu’il puisse, dans un second temps, les voir visuellement dans sa tête.

Il en sera de même pour l’enfant visuel (hémisphère droit). Il y aura avantage à lui traduire le plus possible en images, en dessins, en schémas le discours lu ou entendu si l’on veut qu’il l’évoque.

« D’une manière générale, les enfants qui pensent exclusivement en images (V) n’ont de vocabulaire que pour les choses qu’ils voient ou qu’ils ont vues. Mais ils n’en ont aucun pour parler de ce qu’ils éprouvent, de ce qu’ils vivent intérieurement parce que ce sont des vécus pour lesquels ils n’ont pas d’images. Ce n’est pas qu’ils soient dépourvus de sentiments mais le vocabulaire leur fait défaut puisque pour eux ce sont les images qui sont la source. Ils se sentent donc très mal à l’aise quand on s’obstine à les interroger sur ce qu’ils ressentent. Il faut donc, si l’on veut qu’ils s’ouvrent à des échanges portant sur les sentiments, commencer par décrire des situations qui les déclenchent, situations qui directement se prêtent à l’emploi des mots désignant les images. » (Les grands projets de nos petits, Antoine de la Garanderie, 2001, Bayard)

« A l’inverse, les enfants qui pensent à l’aide de mots ont tendance à négliger les choses et à ne s’intéresser qu’aux relations qu’ils établissent avec autrui. Les mots se succèdent dans la conscience et se prêtent naturellement au mouvement des sentiments. La stabilité des choses ne se prête pas à son investissement. Le parent devra faire parler l’enfant de ce qu’il éprouve, de ce qu’il envisage de faire ; Si l’enfant s’en tient aux mots, il devra obligatoirement les utiliser pour disposer les choses ». (Les grands projets de nos petits, Antoine de la Garanderie, 2001, Bayard)

Les enfants kinesthésiques échappent à cette dissociation « mots-images », étant dans un mouvement qui unit naturellement le temps à l’espace et vice versa. Mais ils se heurtent à un autre aspect de l’hémisphéricité: dans chaque hémisphère, on peut dissocier la partie supérieure qui gère l’information de façon séquentielle et la partie inférieure qui gère l’information de façon simultanée (cf. travaux du neurologue A. Luria).

Les KA sont séquentiels et les KV sont simultanés. Ces avancées concernant les kinesthésiques font partie des hypothèses de recherche que nous défendons au CRGM et que vous ne retrouverez pas nécessairement explicitées sous cette forme par d’autres formateurs en gestion mentale.

Pour les KA, il faudra donc présenter les choses par étapes, de façon ordonnée et rationnelle et pour les KV présenter les choses globalement en laissant libre cours à leur créativité.

Devant ces différences de représentation mentale (verbal-visuel) et de traitement de l’information (séquentiel-simultané), on comprend la nécessité de repérer les habitudes évocatives de nos enfants si l’on veut qu’ils puissent mettre dans leur tête ce que nous voulons leur transmettre. Et nous ne pouvons que nous faire l’écho de cette phrase d’Antoine de la Garanderie : « J’affirme que des pédagogies différentes sont nécessaires pour éviter que les enfants ne soient retardés dans leur développement »

L’enfant à qui on offre la perception et la forme de traitement appropriées est enclin à en prolonger l’effet heureux. Il y puise le sentiment d’un plus être, d’une extension de vie. L’affectif et le cognitif sont ici intrinsèquement liés mais il est à noter que c’est le cognitif qui a une action sur l’affectif et non pas l’inverse comme cela est étudié la plupart du temps. Renversement de marée culturelle, nous dit Antoine de la Garanderie.: Les processus cognitifs déterminent les structures affectives. Et en soignant le cognitif, on soigne tout naturellement l’émotionnel. L’application de la gestion mentale rend compte de cela : «  lorsqu’une personne s’affirme méthodologiquement, elle trouve les assises de sa personnalité. » C’est l’une des voies thérapeutiques de la gestion mentale pas encore suffisamment exploitée et qui apporterait sans doute une réponse aux problèmes émotionnels et relationnels rencontrés par certains enfants. Leur permettre de découvrir leur fonctionnement leur permettrait de vaincre bien des obstacles et bien des visites inutiles et coûteuses chez le psychologue.

AU-DELA DES HABITUDES EVOCATIVES, DES  PROFILS DE COMPORTEMENT A REPERER

Les profils de comportement sont analysés en termes de projets de sens montrant la stratégie mentale avec laquelle la personne gère une situation sur le plan cognitif comme sur le plan relationnel. Ces projets de sens sont en lien avec l’hémisphéricité. Installons-les en conséquence.

Les personnes à profil auditif gère prioritairement les projets de sens liés à l’hémisphère gauche et les personnes à profil visuel gèrent prioritairement les projets de sens liés à l’’hémisphère droit.

Les kinesthésiques s’appuient sur les intuitions de sens d’un des deux hémisphères pour atteindre l’autre hémisphère. Par exemple si nous prenons « la gestion par similitudes et différences », c’est au sein de la similitude que l’auditif trouve des similitudes, c’est au sein de la différence que le visuel trouve des différences, tandis que c’est au sein de la différence que le Kinesthésique auditif trouve des similitudes et c’est au sein de la similitude que le Kinesthésique visuel trouve des différences.

Pour chaque projet de sens, nous retrouverons la notion de 1ère et 3ème pers. Par exemple, un problématiseur en 3ème pers. sait poser les problèmes, en 1ère pers., il sait les résoudre. Un composant en 1ère pers. cherche un accord avec l’autre à partir de son moi, en 3ème pers., il y a recherche d’un accord avec l’autre à partir du moi de l’autre…

La diversité des projets de sens directement liés à la notion de profils nous permet de mieux comprendre les obstacles que nous pouvons rencontrer auprès de nos enfants si nous ne fonctionnons pas comme eux.

CONFLIT ENTRE LES PROFILS

Il y a un obstacle sérieux si le profil de comportement du parent est différent de celui de l’enfant, que ce soit au niveau de la forme évocative ou des projets de sens.

Si l’on s’enferme dans notre profil, il ne semble pas possible de pouvoir s’adapter à un profil qui ne serait pas le nôtre, le passage d’un profil à l’autre ne se faisant pas.

Des tensions et des oppositions  peuvent exister entre deux profils qui ne se suivent pas dans la chronologie mentale du « mouvement perpétuel de la pensée ».

Il y a des projets de sens qui s’opposent : le profil auditif est antagoniste du profil visuel. Le profil Kinesthésique auditif est antagoniste du profil kinesthésique visuel. Il n’y a pas de lien direct.

Chaque fois qu’il y aura conflit ou incompatibilité entre le profil de l’enfant et la nature ou la forme des informations qui lui sont présentées ou des obligations qui lui sont imposées, on peut s’attendre à des réactions d’adaptation inappropriées : inhibition, inexploitation des ressources de l’enfant dans le domaine de l’intégration des connaissances et de la communication.

Une autre forme de conflit interne peut être occasionnée par l’enfant lui même qui, dans son désir de différenciation au sein de la fratrie, peut aller à l’encontre de son propre fonctionnement mental. Un rééquilibrage devra être fait par les parents qui en ont compris le sens.

HARMONIE ENTRE LES PROFILS : COMMENT S’ADAPTER  A L’ENFANT ?

Pour rejoindre ceux de nos enfants qui ne fonctionnent pas comme nous,  il faut comprendre comment s’effectue le passage d’un profil à un autre. Entre le temps, l’espace et le mouvement, des relais sont indispensables : si nous reprenons l’exemple de la roue « pratiquer, analyser, conceptualiser, expérimenter », nous voyons que pour passer de la conceptualisation à la pratique, nous devons expérimenter. Pour passer de l’expérimentation à l’analyse, nous devons pratiquer. Pour passer de la pratique à la conceptualisation, nous devons analyser. Pour passer de l’analyse à l’expérimentation, nous devons conceptualiser.

Certains profils se complètent naturellement : la conceptualisation (A) s’appuie sur l’analyse (KA) et prépare l’accès à l’expérimentation (KV). L’expérimentation (KV) s’appuie sur la conceptualisation (A) et prépare l’accès à la pratique (V). La pratique (V) s’appuie sur l’expérimentation (KV) et prépare l’accès à l’analyse (KA). L’analyse (KA) s’appuie sur la pratique (V) et prépare l’accès à la conceptualisation (A).

Il y a donc un jeu subtil à orchestrer dans une famille pour que chacun puisse se rejoindre et l’on comprend pourquoi nous parlions d’équilibrage en mentionnant la diversité des profils au sein d’une même famille. Mais encore faut-il en connaître la règle du jeu.

LE SIMPLE C’EST LE SIMPLIFIE

Bon, vous l’avez-compris, la gestion mentale est une pédagogie particulièrement complexe et je n’ai pas voulu la simplifier ce soir. En effet cela ne peut pas être simple car nous sommes en présence d’une pédagogie qui s’efforce d’analyser des phénomènes de connaissance et non pas de livrer des recettes toutes faites universelles.

C’est à une réflexion que je vous ai invité ce soir et si j’ai pu juste vous faire prendre conscience en quoi il est important de « comprendre nos enfants dans leurs différences pour une éducation réussie », si j’ai pu juste changer votre regard sur chacun de vos enfants, juste vous permettre d’inverser les rôles comme en témoigne cette maman suite à une formation à la gestion mentale : « Aujourd’hui j’ai appris que répéter dix fois un message de la même façon ne sert tristement à rien et j’ai inversé les rôles : c’est moi que j’interroge pour comprendre pourquoi ils ne comprennent pas », alors l’objectif est atteint. A vous de poursuivre si vous en avez le désir et si, comme Antoine de la Garanderie, vous pensez : « Rien de plus important que l’éducation, le hasard ne saurait en décider. »

piem


ANNEXES

Annexe 1

Annexe 2

Annexe 3